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| LE POST PARTUM |
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Dépression après l'accouchement
Vous
vous demandez ce qui est arrive.
Il y a quelques jours encore, vous étiez
plutôt soulagée à l'idée de franchir les
portes de la maternité. Votre
grossesse touchait à son terme. Il était
temps. Les dernières semaines vous on
semblé plus lourdes, portant le poids non
seulement du bébé à venir, mais aussi de
toutes ces questions qui se bousculaient en vous
sans réponses.... Mais, depuis peu, vous sanglotez. Vous êtes énervée par les pleurs de bébé que ne parvenez pas à calmer. Sans toutefois le dire, vous pensez: "Est-ce une dépression ?" Ce sentiment de tristesse, d'apathie et d'angoisse que l'on rencontre chez les femmes qui viennent d'accoucher s'est vu nommer chez nous dépression du post-partum, mais aussi syndrome du troisième jour. Les anglophones l'appellent post-partum blues, mothers-blue et parfois babyblues. Ce n'est pas en effet chose rare. Parfois cela peut se manifester plus tardivement ou prendre des formes plus mélancoliques. Bien que nous ne puissions faire de grandes généralisations car chacun, en tant que sujet, occupe une position singulière et a une histoire propre, il me paraît important de comprendre que pour chaque femme, la naissance signe en même temps la venue de son enfant au monde et la perte de l'enfant tout pour soi. Pour le dire autrement, l'accouchement est ce moment tranchant entre l'enfant dans le sein de sa mère et l'enfant au sein de sa mère, de sa famille, de la cité. Les contractions nécessaires au travail d'enfantement étaient d'ailleurs autrefois appelées les tranchées. Entre l'avant et l'après de la naissance il y a donc une rupture, une coupure symbolisée par la section du cordon ombilical. Et s'il y a coupure, il y a toujours une perte. Il ne s'agit pas de la perte d'un enfant réel. Fort heureusement, la plupart des naissances sont pour les pères et les mères, le moment d'une première rencontre avec leur enfant, ce nouveau-né. La perte à laquelle je fais allusion est d'un autre ordre. Celui que la mère perd au moment de la mise au monde, c'est l'enfant chéri de ses rêves, celui qu'elle a imaginé pendant ces quelques mois de grossesse et même avant cela, celui qu'elle a construit comme étant ce qui pourrait venir combler sa vie, son bonheur et même ses manques. tant par elle que par son compagnon. Nous
pouvons donc dire que si la naissance est un
acte de vie, elle signifie en même temps un
acte de séparation. La dépression
intervient au moment de la chute des
hormones et ou une femme mesure l'ampleur de
tout ce à quoi elle est amenée à
renoncer, dès lors qu'en mettant son enfant
au monde, elle ne pourra l'humaniser qu'à
la condition de cette séparation. N'oubliez pas que le CLSC de votre région est là pour vous aider!
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